Décision Chasseurs d’appart : atteinte au respect de l’égalité entre les femmes et les hommes

25 juin 2018

 

Le Collège d’autorisation et de contrôle du CSA a décidé de sanctionner la SA RTL Belgium pour son émission « Chasseurs d’appart – le choc des champions » diffusée le 14 octobre 2017 à 21h sur RTL-TVi. Le grief à l’encontre d’RTL portait sur l’atteinte au respect de l’égalité entre les femmes et les hommes, conformément à l’article 9, 1° du décret coordonné sur les services de médias audiovisuels[1]. Considérant néanmoins que c’est la première fois que l’éditeur est mis en cause sur cette base, qui constitue par ailleurs une législation récente, le Collège a décidé d’adresser à la SA RTL Belgium un avertissement.

 

Plus précisément, cette décision se fonde sur une analyse du traitement des femmes présentes dans le programme. Trois agents immobiliers y sont en concurrence, deux hommes et une femme, pour proposer un bien immobilier à trois clients, deux femmes et un homme. De nombreux passages du programme posent question au regard de l’égalité entre les femmes et les hommes. Sont concernés plusieurs scènes et propos de la part de l’animateur (notamment, il se montre nu sous un tablier, devant les participantes uniquement), des remarques des concurrents masculins, des commentaires de la voix off souvent accompagnés de montages visuels et sonores qui les appuient. Ces différentes interventions comprennent des stéréotypes sexistes ou sont orientées vers le seul physique des femmes et dans un rapport de séduction.

 

Le Collège constate que le programme mis en cause véhicule une représentation péjorative des femmes, tendant à leur associer des rôles, des comportements et des caractéristiques particuliers et réducteurs en fonction de leur sexe (matérialistes, frivoles, séductrices,…), sans égard à leur individualité. Ces stéréotypes véhiculés le sont en outre de manière grave car ils sont énoncés sur un ton léger - comme unanimement admis par le public - ils sont présents tout au long du programme, en grande quantité, et ce dans un programme de type familial diffusé en première partie de soirée.

 

En outre, le Collège note que le respect de l’égalité entre les femmes et les hommes implique également d’autres aspects que celui des stéréotypes sexistes, et notamment l’opposition à toute objectivation des femmes en fonction de leur sexe. En représentant des propos et des attitudes ayant pour effet de réduire les femmes à leur dimension sexuelle, le programme contribue à les objectiver.

 

Après délibération, le CAC avait notifié un grief à la SA RTL Belgium et avait invité l’éditeur en audition publique le 19 avril 2018. L’éditeur ne s’est pas présenté mais a toutefois adressé au CSA un courrier dans lequel il a fait entendre ses arguments.

 

Le Collège d’autorisation et de contrôle a estimé -le grief - établi. Toutefois, considérant que c’était la première fois que l’éditeur était mis en cause sur cette base légale (l’atteinte à l’égalité hommes-femmes), le CAC a adressé à la SA RTL Belgium la sanction la plus légère de son arsenal, à savoir un avertissement.

 

Il s’agit de la deuxième décision du Collège mettant en œuvre le principe d’égalité entre les femmes et les hommes introduit par le décret du 2 juin 2016. Cette décision porte pour la première fois sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans un programme et sur la notion d’objectivation des femmes en fonction de leur sexe ainsi que sur des stéréotypes sexistes. Dans la première décision rendue le 5 octobre 2017[2], le Collège avait déjà indiqué que le fait de véhiculer des stéréotypes sexistes de manière grave dans une communication commerciale peut avoir pour effet de contrevenir au respect de cette égalité. Cette gravité doit s’apprécier « en fonction du ton, du contenu ainsi que de la fréquence et des horaires de diffusion (…). Le nombre de stéréotypes véhiculés est également apprécié ».

 

Consultez la décision

 

 


[1] L’article 9,1° du décret coordonné sur les services de médias audiovisuels (« décret SMA ») en Fédération Wallonie-Bruxelles, prévoit que les éditeurs de services ne peuvent éditer des programmes « portant atteinte au respect de l’égalité entre les femmes et les hommes »

 

[2] Collège d’autorisation et de contrôle, 5 octobre 2017, en cause la SA Nostalgie (http://www.csa.be/documents/2759)

 

 

  

 

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Dernière mise à jour le 25 juin 2018