Le CSA publie la première étude menée sur la représentation de l’homosexualité dans les médias audiovisuels de la Fédération Wallonie-Bruxelles

16 mai 2013 Thèmes : CSA, diversité

A l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie, le CSA publie les résultats d’une première étude sur les stéréotypes liés à l’orientation sexuelle véhiculés par les programmes de télé et de radio plébiscités par les jeunes de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de 12 à 30 ans.

Cette étude est une contribution au plan diversité-égalité dans les médias lancé en 2010 à l’initiative de la Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Egalité des chances, qui a permis d’objectiver, grâce à la publication d’un baromètre annuel, l’état de la représentation de la diversité sur les écrans des télévisions belges francophones.

Cette diversité intégre des critères comme le sexe, l’origine, l’âge, la catégorie socio-professionnelle et le handicap.

Dans le cadre d’un dialogue avec des associations de gays et de lesbiennes, la Ministre Fadila Laanan a demandé au CSA de mener une recherche qualitative spécifique sur la question de la représentation de l’homosexualité dans les médias audiovisuels.


LES RESULTATS 

Les conclusions de l’étude mettent en avant les éléments suivants :

  • Les relations qui concernent au moins une personne homosexuelle, présentées sur les écrans ou évoquées dans une émission de libre antenne, sont relativement diversifiées: les jeunes sont donc exposés à plusieurs représentations de l’homosexualité, certaines stéréotypées et réductrices, d’autres plus proches de la complexité des situations réelles.
  • C’est principalement dans les programmes achetés à l’étranger que l’homosexualité est évoquée. Elle l’a été aussi, plus ponctuellement, dans les programmes d’information qui se sont inspirés de l’actualité à l’étranger, en l’occurrence pour la période échantillonnée, du débat autour du mariage gay en France.
  • Les émissions sportives ignorent l’homosexualité.
  • Toujours diffusée sur nos écrans, la fiction des années 80 et 90 renvoie une image très stéréotypée de l’homosexualité, à la différence des séries contemporaines, américaines ou françaises, dans lesquelles les homosexuels sont généralement acceptés : ils vivent en couple, participent aux événements de la communauté, traversent des épreuves. Ils peuvent aussi occuper un rôle d’avant-plan.
  • Dans l’échantillon étudié, plusieurs reportages étaient consacrés au débat français autour du mariage pour tous. Les témoignages recueillis rendent largement compte des points de vue des personnes homosexuelles. Comme dans la représentation de toutes les diversités (cf. le baromètre égalité-diversité), lorsqu’un gay est sollicité, c’est souvent pour parler de questions spécifiques liées à l’homosexualité. Par ailleurs, ces représentations positives tendent à poser un discours où la différence est un point de référence : c’est parce que les homosexuels sont différents que l’on parle d’eux.
  • La libre antenne radio, espace privilégié d’écoute et d’expression des jeunes adolescents, révèle des discours extrêmement stéréotypés, voire haineux ou homophobes, et l’insulte y est courante. En dépit de l’encadrement assuré par les animateurs pour ramener ces propos si pas à la raison, du moins à la plaisanterie, la libre antenne apparaît comme un exutoire aux représentations « normées » de la sexualité. C’est aussi là que se situe la différence avec les émissions LGBT qui s’ouvrent à tous les publics, sans stigmatiser une communauté au détriment d’une autre.
     

Deux éléments transversaux caractérisent encore le traitement de l’homosexualité :

  • La récurrence de l’humour à propos de l’homosexualité, déclinée dans les comédies, le divertissement (« infotainment ») ou les blagues (en radio). Très souvent, c’est comme cible et non comme complice que l’homosexuel est associé à la plaisanterie, dont le ressort est la différence.
  • Si plusieurs représentations, tant en fiction qu’en information, mettent en avant une homosexualité naturellement intégrée et acceptée dans les univers décrits, elles la représentent presque toujours sur le mode de l’isolement.

Ces différents constats et éléments d’analyse seront intégrés dans les actions de sensibilisation aux questions de diversité menées auprès des médias audiovisuels, dans les Hautes Ecoles et les Faculté de Journalisme. 
 

L’ECHANTILLON

L’échantillon pris en compte dans cette recherche compte plus de 250 séquences diffusées en janvier 2013 sur les chaînes et les radios de la Fédération Wallonie-Bruxelles, tous formats (fiction, information, divertissement…) et toutes productions confondues (locales et étrangères). 
 

LE CONTEXTE DE LA RECHERCHE 

Lancé en 2010 à l’initiative de la Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Egalité des chances, le plan diversité-égalité dans les médias que coordonne le CSA a permis d’objectiver, dans un baromètre annuel, l’état de la représentation de la diversité sur les écrans des télévisions belges francophones.

Cette diversité y était entendue largement, intégrant des critères comme le sexe, l’origine, l’âge, la catégorie socio-professionnelle et le handicap. Les associations de gays et de lesbiennes avaient demandé d’intégrer le critère de l’orientation sexuelle à l’analyse, mais la méthode quantitative adoptée pour le baromètre, basée sur l’observation, ne le permettait pas, sauf à verser dans le stéréotype et la caricature. La ministre a alors chargé le CSA de mener une recherche qualitative spécifique sur la question de la représentation de l’homosexualité dans les médias audiovisuels.
 

L’AUTEUR

Encadrée par le service Etudes et Recherches du CSA et suivie par un comité composé entre autres de Sarah Sépulchre (ORM) et de Verlaine Berger (Arc-en-Ciel), cette recherche a été réalisée pendant trois mois par Sabri Derinöz qui avait déjà collaboré aux baromètres de la diversité et de l’égalité dans la presse écrite (AJP) et en télévision (CSA).

 

>> l'étude est disponible à l’adresse : http://csa.be/documents/2045



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Dernière mise à jour le 16 mai 2013